Normes professionnelles et déontologiques de la couverture médiatique

Prendre ses distances vis-à-vis des accusations

10 views 06/03/2019 0

  • Tout journaliste peut, pendant la conduite de son travail dans une affaire précise, recevoir des déclarations comprenant des accusations adressées à une instance, à une personne ou à des personnes auxquelles sont des attribués des actes ou des dépassements particuliers. Dans ce cas, le journaliste doit être vigilant et agir de manière professionnelle avec ces accusations non confirmées, notamment en suivant l’approche suivante :
  1. Premièrement : il faut que le journaliste fasse son possible pour vérifier les éléments de ces accusations et établir les liens avec les sources des déclarations ainsi qu’avec l’accusé. En effet, une telle démarche pourrait l’aider éclairer son chemin vers la découverte de nouvelles données utiles pour l’affaire, à condition de vérifier leur validité.
  2. Deuxièmement : il faut que le journaliste essaye dans la mesure du possible d’obtenir des déclarations de la partie ou de la personne objet de ces accusations ou de l’avocat qui le représente si cette personne est en état d’arrestation. Ceci constitue une réponse aux accusations et crée un certain équilibre dans le traitement de l’affaire.
  3. Troisièmement : le journaliste doit prendre une distance claire par rapport à ces accusations et doit les mettre entre guillemets, à côté de l’utilisation de termes de renvoi tels que : « selon l’avis de… », « selon ses déclarations… », « comme il l’a littéralement dit… ».
  • Le journaliste doit respecter le principe de l’exactitude dans la qualification des considérants judiciaires, de prendre en considération « la présomption d’innocence » et d’éviter  d’affirmer des accusations qu’après le prononcé d’un jugement définitif irrévocable (l’article 27 de la Constitution prévoit que « tout inculpé est présumé innocent jusqu’à l’établissement de sa culpabilité, au cours d’un procès équitable qui lui assure toutes les garanties nécessaires à sa défense en cours de poursuite et lors du procès »).

Le journaliste est tenu de respecter la vie privée

  • Le journaliste se doit de respecter la vie privée des victimes de la persécution, de mauvais traitement et des violences extrêmes tels que le viol, l’enlèvement, les traitements cruels et portant atteinte à la dignité humaine ou autres… Par conséquent, dans ce cas, il doit totalement respecter la déontologie de la profession de journalisme, afin de respecter l’intégrité physique et l’état psychologique de ces groupes.
  • Lors de la prise des déclarations des victimes ou lors de la conduite d’interviews, il est nécessaire que le journaliste garde à l’esprit que la nature du travail est différente des interviews ordinaires. Ainsi, il doit prendre en considération leur état psychologique car les questions à poser sont susceptibles de perturber l’état d’âme des victimes.
  • Le journaliste doit absolument s’abstenir de prendre des photos de mineurs et des victimes sans leurs autorisations.  Ceci signifie également qu’il ne faut pas divulguer l’identité des victimes et ne pas porter atteinte à leur vie privée et à leurs données personnelles, sauf si elles l’autorisent à le faire, si cette révélation comporte une valeur informative et si les victimes ne sont pas mineures.

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