Bonnes pratiques en matière de couverture médiatique et précautions

Les bonnes pratiques

8 views 06/03/2019 0

  • Le journaliste s’emploie à révéler et à présenter la vérité au public, dans le cadre du respect des normes professionnelles et déontologiques. Sa conduite professionnelle traduit le respect du droit des citoyens de recevoir des informations fiables à partir de sources intègres.
  • Le journaliste veille à respecter l’objectivité, l’exactitude et l’équilibre en matière de couverture médiatique. Il fait de son mieux pour vérifier l’exactitude des informations et des termes utilisés. Il veille également dans le cadre de la transparence et de la clarté à corriger les erreurs éventuelles.
  • Le journaliste défend les valeurs des droits de l’homme, les libertés individuelles, le droit à la différence, le respect de la dignité humaine, la défense des victimes de persécution et de violations toutes catégories confondues, sans exagération ou dénigrement.
  • Le journaliste doit faire la distinction en matière de couverture médiatique entre son droit humain et son droit constitutionnel afin de connaitre les opinions, les positions intellectuelles et politiques spécifiques à adopter et s’en tenir obligatoirement aux normes professionnelles rigoureuses du travail de la presse.
  • Le journaliste doit, en accomplissant son travail, respecter les dispositions des lois de manière générale et les législations relatives à l’exercice du droit de la liberté de la presse, de l’information et de la communication en particulier.
  • La journaliste utilise les moyens légaux pour accéder à l’information et se doit de respecter les données à caractère personnel des individus et se baser sur des sources d’informations authentiques et fiables.
  • Le journaliste se conforme, en matière de couverture des affaires judiciaires, à l’impartialité et à la totale indépendance vis-à-vis de toutes les parties prenantes dans le processus judiciaire, à savoir envers le suspect, les parties lésées, la défense et les officiers de police judiciaire.
  • Le journaliste est tenu de protéger ses sources et de respecter le principe de secret, conformément aux dispositions de la loi (article 11 du décret-loi n°115).
  • Le journaliste observe l’indépendance de l’appareil judiciaire, les jugements rendus par les tribunaux, la confidentialité des procès-verbaux de l’enquête préliminaire et la présomption d’innocence dans les affaires portées devant les juridictions. Il ne doit pas procéder à des appréciations juridiques qu’après le prononcé des jugements définitifs à l’égard de ces affaires.
  • Le journaliste accorde une importance particulière aux victimes et aux catégories vulnérables et démunies. Il veille à être à leur écoute lorsqu’il s’entretient avec elles. Il ne prend pas de photos ou de vidéos de mineurs qu’après le consentement de leurs familles et si ces photos et vidéos ne portent pas préjudice à leurs personnes et à leurs intégrités.
  • Le journaliste évite de publier des noms, des photographies de personnes suspectées d’être impliquées dans des affaires particulières, et ce, conformément aux dispositions juridiques tout au long du processus judiciaire, aux considérations éthiques et au principe du « droit à l’oubli » pour les personnes condamnées à des jugements et des peines définitifs.
  • Le journaliste doit se tenir à l’exactitude en transmettant les témoignages des personnes ayant des liens avec l’affaire objet de sa couverture. Le journaliste doit s’abstenir d’introduire une quelconque modification ou des éléments d’influence dans les textes, les images et les vidéos susceptibles d’altérer les sens et les contenus originaux.
  • Le journaliste utilise les informations à sa disposition à des fins uniquement journalistiques, c’est-à-dire qu’il doit complètement s’abstenir de percevoir des avantages spécifiques outre sa rémunération. De même, il ne perçoit pas de rémunération en contre partie de ses sources.
  • Le journaliste s’emploie à développer les différentes lois et législations pour renforcer le système des droits et des libertés individuelles, et ce, en promouvant les contenus des droits de l’homme dans la matière, objet de son travail.
  • Le journaliste doit respecter son public et œuvrer à bâtir une relation fondée sur la confiance via l’intérêt accordé aux affaires qu’il perçoit comme prioritaire. Il doit ainsi adopter ce qui est appelé « le journalisme de proximité » qui met l’accent sur les contextes géographiques et émotionnels du public des médias.
  • Les médias professionnels accordent une attention particulière aux plaintes soumises par le public et à leurs observations concernant la couverture médiatique des questions les préoccupant. Ils traitent avec le sérieux nécessaire, en désignant un intermédiaire médiatique pour assurer leur suivi, et ce, dans le but de pouvoir orienter les journalistes dans leurs missions et prendre en considération les attentes du public, un fait débouchant sur l’amélioration des pratiques professionnelles et le service de l’intérêt général.

Protection des sources journalistiques et leurs exceptions

(conformément à l’article 11 du décret-loi 115)

  • L’article 31 de la Constitution du 26 janvier 2014 dispose que « les libertés d’opinion, de pensée, d’expression, d’information et de publication sont garanties », tout en soulignant au deuxième paragraphe qu’« aucun contrôle préalable ne peut être exercé sur ces libertés ». Ceci nous renvoie à la question du ‘secret professionnel’, autrement dit, la protection des sources adoptées par le journaliste pour accomplir ses missions et préparer sa matière informative. Néanmoins, cette protection n’est pas absolue, elle est soumise à un certain nombre d’exceptions quand il s’agit de sûreté publique ou de défense nationale, tel que le dispose l’article 49 de la Constitution et l’article 11 du décret-loi 115 de 2011.

L’article 11 du décret-loi 115 a approfondi l’interprétation de la protection des sources du journaliste et a déterminé les exceptions prévues :

  •  « Sont protégées les sources du journaliste dans l’exercice de ses fonctions, ainsi que les sources de toute personne qui contribue à la confection de la matière journalistique. Il ne peut être procéder à la violation du secret de ces sources directement ou indirectement que pour motif impérieux de sûreté de l’État ou de défense nationale et sous le contrôle de l’autorité judiciaire ».
  •  « Est considérée comme violation du secret des sources, toutes enquêtes, tous actes de recherche et d’investigation, toutes écoutes de correspondances ou de communications, effectuées par l’autorité publique à l’encontre du journaliste pour découvrir ses sources ou à l’encontre de toute personne entretenant avec lui des relations particulières ».
  • Le journaliste ne peut  faire l’objet d’aucune pression de n’importe quelle autorité et il ne peut être également exiger d’un quelconque journaliste ou d’une quelconque personne participant à la confection de la matière journalistique de révéler ses sources d’information, sauf autorisation du juge compétent sous réserve que ces informations soient relatives à des infractions présentant un risque grave pour l’intégrité physique d’autrui, que leur divulgation soit nécessaire pour prévenir la commission de telles infractions et qu’elles soient du type d’informations ne pouvant pas être obtenues par tout autre moyen ».

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